[Rituel, nature et deuils] La Terre m’a raconté une histoire ce jour d’anniversaire de mon arrivée en France

Ce 9 novembre 2024, c’est la première fois que je « fête » mon jour d’arrivée en France, un 9 novembre 1983. 

C’est la première fois de mon existence que je mets en conscience l’importance de ce 9 novembre, de ce basculement, de ce bouleversement. Je n’avais pas associé de mots à cette réalité. Je n’en avais tout simplement pas la possibilité à l’époque : j’avais trois mois, j’étais un nourrisson. 

Récemment, j’ai éprouvé de la colère, de la tristesse, de ne pas avoir accueilli émotionnellement, avec le corps, ces chocs, ces multiples pertes (ma mère, ma famille biologique, mon pays d’origine, ma langue, ma culture), ni avec mes thérapies diverses et variées, ni avec mes engagements militants, ni avec mon entourage, tout le long de ces années.

Il n’est pas trop tard pour accueillir, pour écouter, pour transformer, relier grâce au deuil, à la peine de ce moment auquel je n’ai pas prêté attention dans le corps, jusqu’ici.

Une nouvelle vie semble s’ouvrir aujourd’hui…

Une vie où le deuil, les traces dans l’esprit et le corps, liées à la perte, à la migration, seraient davantage socialiséees.

Une vie où il n’y aura plus de place à la psychologisation outrancière qui individualise une réalité systémique. Cette individualisation fragmente, dépolitise, déresponsabilise ce phénomène sociétal de l’adoption internationale. Il est temps de sortir d’une charge mentale, indûment assignée aux mères des pays d’origine et aux enfants adoptés.

Dans la nature, la pluie, les nuages, le brouillard, le soleil, la tempête, l’arc-en-ciel cohabitent avec la montagne,  la rivière, les feuilles mortes rougeoyantes.

Où sont les tabous dans la nature ? Pourquoi l’humain persiste-t-il à faire tabou certaines questions ? Quelles feuilles mortes a-t-il besoin de faire tomber ?

En mettant les pieds dans la terre, je réalise que la Terre offre son hospitalité à toute vie, y compris à la perte, sans tabou, sans distinction, sans hiérarchie.

C’est ainsi que j’ai célébré ce premier anniversaire de mon jour d’arrivée en France, les pieds dans la Terre, alliée inconditionnelle. J’appartiens à la vie quelles que soient les fragmentations diverses et multiples auxquelles je fais face dans le système humain.

Prenons soin de nos vies durant ce mois des adopté.e.s. Prenons soin de la réalité de nos corps, reliés au plus grand corps. Prenons soin des histoires que nous ne sous sommes pas encore racontées jusqu’ici. 

Nos enfants n’attendent pas demain.

Soo-ah

/partagé le 10 novembre 2024




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