Ces dernières années, une lente transformation s’est opérée sur la perception de l’adoption internationale, grâce à la prise de parole des personnes adoptées. Jusqu’à peu, cette parole était cantonnée à la marge, voire au silence tant les tabous, les peurs de remise en question sont importantes. Je me rallie, à nouveau, à cette communauté engagée à partager sur le sujet.
J’ai le sentiment qu’en France, nous sommes encore aux balbutiements et qu’il y a encore une large ignorance et de nombreuses peurs à aborder sereinement le sujet tant cela vient modifier des croyances profondes établies depuis plusieurs décennies, que cela soit à l’échelle intime, familiale ou sociétale. Cela vient nous chercher aussi sur la nécessité d’une pensée complexe, systémique et nuancée pour oser regarder la réalité de schémas ancrés (posture de « sauveur blanc », adultisme, culture d’assimilation, …) et comment cela impacte le présent.
Je m’intéresse à la permaculture, dont un des principes d’action pour un mode de vie soutenable est d’utiliser les bordures et de valoriser les marges. « Ce sont des zones dynamiques et très productives« . « C’est également un endroit où les relations coopératives s’installent entre espèces. »
A l’échelle humaine, les personnes adoptées, représentent une marge, une bordure.
Voici donc pourquoi je partage ce message du directeur de Koroot, Do-Hyun KIM, filmé en Suisse, à tous les coréens adoptés du monde entier. Dans cette vidéo ci-dessous, il reconnaît la souffrance des personnes adoptées, mais également leur contribution importante à l’évolution de la société coréenne, notamment au sujet de la loi, mais également du racisme, ainsi qu’au sujet des dommages causés par le patriarcat et les structures dominées par les hommes. Il incite à un recentrage sur l’amour et le respect des êtres vivants.
C’est un message émouvant et réconfortant, comme un refuge inspirant, pour continuer à créer, partager et s’ouvrir avec confiance.
Tout d’abord, en tant que citoyen de Corée, cela me brise vraiment le cœur que nos adopté.es aient traversé tant de difficultés à l’étranger, et qu’iels aient enduré tant de souffrance.
En tant que concitoyen, je ressens un profond regret pour toutes les souffrances qu’iels ont vécues.
Mais d’un autre côté, malgré des circonstances aussi difficiles, beaucoup d’entre elleux ont travaillé incroyablement dur dans leur vie, pour surmonter tous les défis et traumatismes, et vivent leur vie avec une grande force.
J’ai un profond respect pour elleux pour avoir accompli cela.
De plus, pour que les adopté.e.s révèlent leurs luttes personnelles, qui sont des expériences profondément intimes, et les partagent ouvertement, afin de traiter les problèmes au sein de la société coréenne pour aller vers des changements positifs en Corée, je tiens à exprimer ma sincère gratitude pour leurs efforts.
En vérité, la société coréenne n’a rien fait pour elleux et si quelque chose, elle n’a fait que contribuer aux difficultés et aux traumatismes qu’iels ont affrontés dans leur vie.
Cependant ces adopté.e.s contribuent à la transformation positive de la société coréenne, et pour cela je leur en suis vraiment reconnaissant.
En partageant leurs expériences, iels ont contribué à l’amendement des lois sur l’adoption et ont changé la perception même de l’adoption.
Iels ont sensibilisé à la question du racisme, aidant les coréens à comprendre que c’est quelque chose que nous devons surmonter.
Iels se sont également prononcés contre les dommages causés par le patriarcat et les structures dominées par les hommes dans la société coréenne et travaillent à créer une société qui va au-delà de ces problèmes.
De plus, iels sensibilisent au fait que la dépendance excessive de la Corée envers les idéaux occidentaux et l’admiration excessive des nations développées ont conduit à l’établissement de ces systèmes dans la société coréenne, ou à être influencés par des idéaux occidentaux, mais devraient plutôt se concentrer sur l’amour et le respect des êtres humains, afin que les enfants puissent grandir sans être séparés de leurs familles d’origine.
Pour leur dévouement à créer une telle société, je suis vraiment reconnaissant. Je voudrais dire “Merci”, “Merci beaucoup”.
This is a message from Director of Koroot, Do-Hyun KIM filmed in Switzerland, to Korean adoptees around the world.
First of all, as a citizen of Korea, it truly breaks my heart that our adoptees have faced so many hardships abroad and endured so much suffering.
As a fellow citizen, I feel deep regret for all the pain they have experienced.However, on the other hand, despite such difficult circumstances, many of them have worked incredibly hard in their lives to overcome challenges and trauma, and they live their lives with great strength.
I have immense respect for them for achieving this.Furthermore, for the adoptees to reveal their personal struggles—experiences that are deeply intimate—and openly share them in order to address societal issues within Korea and strive for positive change, I want to express my sincere gratitude for their efforts.
In truth, Korean society has done nothing for them and, if anything, has only contributed to the difficulties and traumas they have faced in their lives.
Yet, these adoptees are contributing to the positive transformation of Korean society, and for that, I am truly thankful.By sharing their experiences, they have played a role in amending adoption laws and changing the very perception of adoption.
They have raised awareness about the issue of racism, helping Koreans understand that it is something we must overcome.
They have also spoken out against the harm caused by patriarchy and male-dominated structures within Korean society and are working toward creating a society that moves beyond these issues.Moreover, they are raising awareness about how Korea’s excessive dependence on Western ideals and its admiration of developed nations have led to the establishment of these systems in Korean society or have been influenced by Western ideals. Instead, we should focus on loving and respecting human beings so that children can grow up without being separated from their birth families.
For their dedication to creating such a society, I am deeply grateful.
I would like to say, « Thank you, » « Thank you very much. »