En suite de différentes « négociations » avec certain.e.s organisateur.ices de cet évènement, j’ai officialisé la demande ci-dessous, à laquelle il a été donné une réponse favorable. En sortie de grippe je ne suis pas sûre d’être présente ce soir pour y assister.
Mon intention n’est pas de blâmer des personnes, encore moins d’empêcher des personnes blanches de partager des savoirs issus de tradition asiatique. Bien au contraire, mon intention est d’ouvrir un dialogue sincère. Ce que je souhaite, à minima, c’est que les personnes concernées ne soient pas exclues, ne se sentent pas mises à l’écart. Ce serait, me semble-t-il, un geste simple de respect et d’attention, d’autant plus sur un petit territoire où la proximité devrait favoriser l’inclusion.
LA DEMANDE OFFICIELLE D’EXCUSES :
« En mon nom propre, reliée à d’autres voix, je souhaite faire une demande d’excuses publiques à propos de cette manifestation culturelle “Nouvel an chinois au Pestel” pour le fait que des personnes asiodescendantes n’aient pas été invitées à prendre part à la conception et l’organisation. Ce n’est pas seulement une question de représentativité, mais de respect pour les cultures et les personnes qui en sont les héritières vivantes.
Dans un environnement de proximité comme le nôtre, chaque geste culturel a un impact au-delà de l’événement lui-même. Nous sommes tous reliés, que nous en soyons conscients ou non, et ce que fait l’un·e affecte les autres. La culture ne se limite pas à des savoirs ou des compétences : elle est aussi ancrée dans la chair, les corps et les histoires personnelles et collectives, de ceux et celles qui la portent, au quotidien, indépendamment de toute expertise.
Cette réflexion est d’autant plus importante dans un contexte géopolitique marqué par des tensions accrues et une montée du racisme anti-asiatique, notamment anti-chinois. Organiser des événements culturels sans inclure les personnes concernées peut, sans le vouloir, renforcer des logiques d’effacement et d’invisibilisation.
Je vous invite à porter attention à cet héritage vivant, à l’expérience vécue comme une forme de savoir à partager, à veiller à sa préservation avec respect et à envisager les futurs événements comme des espaces de coopération, où les voix de personnes concernées sont invitées.
Merci de votre attention et de votre engagement pour que cela puisse évoluer. »
Soo-ah Gabrielle
6/2/25
