[Petite histoire de corps] De la peur et de l’amour un jour de Chuseok

Le 6 octobre dernier, c’était Chuseok, une fête coréenne traditionnelle très populaire célébrant la mi-automne.

Les posts ont afflué sur les réseaux sociaux pour souhaiter bonheur en famille pour ce jour férié très important en Corée.

La veille, l’angoisse est montée, et hier matin encore plus. Parceque le combo fête + famille quand tu es une personne adoptée, entre deux cultures, deux pays, vivant à la campagne, éloignée de toute communauté coréenne, ça peut être complexe…Bien loin de la joie festive d’apparence.

Je suis restée un temps bloquée. Que faire en ce jour particulier où je ne sais pas vraiment comment appartenir à cette fête. Ici en France, à la montagne, sans communauté coréenne à proximité. Et pourtant mes ancêtres la fêtent depuis des millénaires. Je me sens isolée, un peu accablée faut le dire.

Puis j’écoute la petite voix intérieure qui me dit d’aller vers les sens, le plaisir simple. Et si je faisais des songpyeon, ce gâteau traditionnel ? Commencer par ça. Et si je le portais à rivière pour le déguster au soleil tout en appelant une amie. Prier pour le peuple palestinien. Me relier aux ancêtres. A ma façon. Unique. Avec mes limites. Mes possibles. Et de fil en aiguille je me retrouve à sortir du figement, du stress. En cuisine, je découvre que mes songpyeon sont assez informes mais ils sont bons ! Quelle fierté d’avoir dépassé ma peur de ne pas être assez, coréenne, à la hauteur, etc…

Quand j’arrive à la rivière, il y a du soleil, du vent, les feuilles des arbres tombent, il y a un air de fête ! Je ne sens plus seule. Je suis fille de la Terre. Je donne un peu de ma présence et je reçois en retour tellement. Et puis avec une amie on se partage nos rêves avec un call whatsapp. Se voir et danser. ❤️

Leçon d’amour de ce jour : ne pas s’imposer la joie, revenir au corps, sentir sa propre réalité, s’écouter, revenir aux sens, essayer, honorer les ratés, se donner le droit d’être triste, perdue, joyeuse, successivement et parfois tout ça en même temps, s’autoriser à exister dans sa pleine humanité, complexe, mouvante, vivante.

//La dernière photo de la galerie est une photo d’un membre de la communauté Asianités en Drôme, envoyée le soir de ce jour de célébration, alors que la lune montait au dessus de la montagne Glandasse.

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