[Lettre ouverte] Épanouissement constellaire après la pluie

Chère Marion,

Tu ne le sais peut-être pas — et je me sens vulnérable à te l’écrire — mais ton roman De quel nuage tombe la pluie aux éditions Decrescenzo Editeurs n’est pas seulement un récit intime.
À mes yeux, il porte aussi un message profondément politique.

En cette journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, je veux dire combien ton livre met en lumière des violences invisibles, et en même temps… ouvre un horizon.

Dans ton roman, il est question d’enfance, de perte, de condition de femmes, d’adoption, de quête de réponses, mais aussi d’entraide et de mémoire.

Avec De quel nuage tombe la pluie, quelque chose se réveille.
Ma mémoire.
Et sans doute celle de celles avant moi.

Ce roman touche parce qu’il dit ce que la société préfère souvent taire :
que certaines douleurs ne sont pas individuelles ;
que certains manques ne relèvent pas d’un “travail sur soi” ;
que les émotions sont contextuelles, relationnelles ;
que les histoires intimes sont traversées par des forces plus vastes — culturelles, patriarcales, structurelles.

Je l’ai lu en tant que femme, à qui l’on a appris à être forte, à ne pas déranger, à considérer comme faiblesse toute manifestation de malaise.

Je l’ai lu en tant que fille, prise dans les lignes silencieuses de ce qui s’est transmis sans mots : absences, deuils impossibles, loyautés invisibles.

Je l’ai lu en tant que personne adoptée, déracinée, portant un pays dans le corps sans l’avoir eu autour d’elle. Un vide qu’on m’a appris à ne pas regarder. Jusqu’à ces miroirs.
Grâce à eux, je peux désormais donner du soin au vide — avec celleux qui osent le regarder aussi.

Je l’ai lu en tant que parent, avançant avec l’intention d’éclairer ce qui sera transmis aux enfants, autour de moi.

Je l’ai lu en tant que personne qui s’invente, qui libère, révèle ce que les injonctions sociales tentent d’étouffer :
“C’est du passé, oublie.”
“À quoi bon en parler ?”

Merci pour cette invitation à accueillir la pluie — la sienne, et celle de son entourage.
Comme dans cette phrase que tu as écris : « Les larmes sont plus légères quand on les porte à deux. »

Elle relie les destins de femmes, de personnes adoptées, de familles, d’une société entière.
Elle abreuve des racines asséchées.

Elle lave les blessures invisibles.
Elle tisse des identités séparées.
Elle forme une rivière pour celle qui tente de composer avec le passé sans s’y laisser écraser.

Merci de donner une voix à cette rivière humaine, artistique, contenue dans nos larmes, dans nos mots.

Il nous reste alors à regarder ensemble, de quel nuage tombe la pluie.

Merci, Marion, de nous rappeler, à travers ton roman, que la pluie, aussi inconfortable soit-elle, est une source de vie, d’entraide et de lien.

💦🙏🤍
Soo-ah


🌸 À toi qui me lis :
Est-ce que mon partage te donne envie de découvrir ce roman ?
As-tu déjà lu une œuvre sur la perte, la pluie, la mémoire ou la transformation qui t’a laissé une trace réconfortante, une libération, une source d’entraide entre le passé et l’avenir ?

💫
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//Photo : couverture du livre sur un matelas de feuilles tombées d’un ginkgo et dessin « Epanouissement constellaire »

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