
“Quand l’énergie Yasengjok 야생적 se réveille, elle ne me rend pas plus coréenne, elle me rend plus reliée, plus vivante. Ce mouvement n’est pas identitaire, il est vital.”
Pour la célébration de nouvel an lunaire coréen, Seollal (설날), cette année, j’ai dansé au son des percussions traditionnelles coréennes.
Une chose qui m’aurait semblé impensable il y a 20 ans… et même encore il y a 3 mois.
Je crois que le mental est parfois “faible” face à ce que “sait” le corps.
Qu’est-ce qui a changé entre 2006 et 2026 ? entre cette photo de moi spectatrice en hanbok et cette photo, où je danse dans un parc en 2026, au son des percussions traditionnelles coréennes ?
A part la coupe de cheveux, les rides tout ça tout ça 🙂
Je crois que je réussis à mettre une expression dessus : c’est un “ré-ensauvagement intérieur”.
Avant, je regardais la culture coréenne comme une spectatrice “outsider within”.* J’étais dans la culture coréenne sans vraiment la ressentir dans le corps.
Aujourd’hui, je ressens. Et ce que je ressens se manifeste. C’est une énergie vitale qui vient de l’intérieur, “sauvage et spontanée” appelée yasengjeok (야생적) en coréen.
La traduction littérale française serait “nature sauvage spontanée”. En anglais on dirait “wild”, ou encore “untamed” : indompté.
Une amie coréenne m’a partagé une autre définition : “ce qui n’a pas encore de forme prédéterminée, ce qui est avant la forme.”
Je rapproche aussi ce terme de l’idée de “retrouver l’enfance en soi, cette part sauvage où rien n’est encore figé, où rien ne va de soi.”
Je ne veux pas raconter cette réflexion comme une trajectoire personnelle héroïque.
Plutôt comme un processus de maturation, nourri par plus de dix ans de retournement vers soi (après un épuisement professionnel + un fort appel à la spiritualité), et de nombreuses pratiques expérientielles relationnelles, artistiques et somatiques.
Partager cela, c’est témoigner que c’est possible de se reconnecter à une énergie culturellement située, héritée, présente dans le corps.
Même quand a été traumatisé, coupé de ses racines, déconnecté de son corps,
de ses émotions, de son imaginaire.
Je suis moi-même engagée dans ce chemin de décolonisation du corps et de l’esprit, autrement dit, de reconnexion à une dimension profonde de l’être.
Ce processus vital soutient la vie parce qu’il :
- restaure une continuité entre passé et présent
- réintègre une énergie souvent refoulée dans la culture occidentale où le rationnel est très valorisé.
- permet de vivre l’identité comme un mouvement vivant, plutôt qu’un statut figé.
Nourrir cette part non domestiquée, non formatée, profondément reliée au vivant, c’est nourrir une énergie qui vient de plusieurs sources : le concept de Qi, l’énergie vitale et le chamanisme coréen (무속, musok), où humains, esprits, éléments vitaux de la Terre sont profondément reliés.
Cette énergie relie tous les êtres vivants. Elle n’est pas individuelle, elle circule.
C’est une part vitale en nous qui précède l’éducation et la conformité sociale.
de celles et ceux qui ne veulent pas faire ce chemin seul.e.
Et parce qu’on ne défait pas des années de conditionnement éducatif et culturel, de déconnexion du corps, des émotions en un claquement de doigts…j’ai à cœur d’accompagner, celles et ceux qui ressentent cet appel, à partir de ce que j’ai appris et compris de mon propre chemin.
Je m’adresse à celles et ceux qui sentent qu’il y a en elleux une énergie vivante qui cherche à revenir,
dans le corps,
dans l’expression,
entre l’histoire et l’avenir.
Si ce chemin résonne pour toi, je suis en préparation d’espaces d’exploration et de transmission pour reconnecter à cette part vivante, singulière, indomptée, reliée au grand vivant.
En ces temps de transformation, souhaites-tu t’engager à du soin envers le vivant en toi et autour de toi ?
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Je serais ravie de lire tes questions ou ce que t’évoque ce concept de yasengjeok (야생적).
Merci beaucoup,
💛
Soo-ah
*Le concept d’outsider within vient de la sociologue Patricia Hill Collins.
Il désigne la position de quelqu’un qui appartient à un groupe social mais n’en ressent pas pleinement la reconnaissance symbolique ou affective.
En 2006, être dans la culture coréenne, comme spectatrice.
La voir. La comprendre. Ne pas encore la sentir vibrer en soi.